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Article expert

Pilote de barre franche ou pilote intégré : la limite sur 30-38 pieds

L'essentiel en 30 secondes

  • Un pilote de cockpit se choisit sur le déplacement en charge. Limites Raymarine : 3 000 kg (ST1000+), 4 500 kg (ST2000+), 6 000 kg (EV-100 barre franche), 7 500 kg (EV-100 barre à roue).
  • En charge, comptez environ 20 % de plus que le déplacement de brochure (Raymarine, B&G).
  • Raymarine réserve les ST1000+ et ST2000+ au côtier. Leur poussée (57 et 77 kg) est très inférieure à celle des vérins sous le pont cités ici (295 à 700 kg).
  • Passez au pilote intégré dès que le déplacement en charge approche la limite, ou dès que le programme inclut nuits en mer, mer formée de l'arrière ou équipage réduit.
  • Un pilote sous-dimensionné coûte plus cher qu'un pilote juste : SAV, heures de barre à la main, puis achat du bon pilote.

Sommaire

Un tiller pilot s'installe soi-même, se range dans un coffre et consomme peu : 0,5 à 1,5 A en mode Auto pour les ST1000+ et ST2000+, selon Raymarine. Sur un voilier de 30 à 38 pieds, c'est souvent le premier pilote envisagé. La question utile n'est pas « quelle marque » mais « jusqu'où » : à quel déplacement et pour quel programme un pilote de cockpit, en barre franche ou à roue, doit céder la place à un pilote intégré sous le pont.

Les limites publiées des pilotes de cockpit

Raymarine publie une limite de déplacement pour chaque pilote de cockpit et demande de la comparer au déplacement à pleine charge, « souvent 20 % au-dessus du déplacement spécifié ». B&G fait la même mise en garde pour ses vérins.

Pilote de cockpit Barre Déplacement max. Poussée Butée à butée
Raymarine ST1000+ Franche 3 000 kg 57 kg 8 s
Raymarine ST2000+ Franche 4 500 kg 77 kg 4,5 s
Raymarine EV-100 barre franche (vérin de cockpit A80737) Franche 6 000 kg Non indiquée 4,0 s
Raymarine EV-100 barre à roue À roue 7 500 kg en charge Non indiquée Selon la direction

Les ST sont autonomes : compas, électronique et vérin dans un seul boîtier 12 V, que Raymarine destine au côtier et non aux traversées au large. L'EV-100 est un système Evolution complet : capteur-calculateur EV-1 (cap sur 9 axes), boîtier de puissance ACU-100 (7 A en continu), réseau SeaTalkng/NMEA 2000. Son actionneur, lui, reste dans le cockpit. En barre à roue, le pilote de roue Mk II de Raymarine s'adapte aux roues de 3 à 8 rayons et aux directions de 1 à 3,5 tours de butée à butée : vérifiez la vôtre.

Poussée, vitesse de barre et mer formée

La poussée ne se lit jamais seule. Le ST2000+ applique ses 77 kg à 460 mm de l'axe de mèche (cote de montage de sa notice) : environ 350 N·m au safran, selon notre calcul. Le Type 1, plus petit vérin linéaire de Raymarine, pousse 295 kg sur un bras de mèche de 250 mm, pour 735 N·m de couple maximal. Il offre donc environ deux fois plus de couple, pas quatre fois plus.

En mer formée, la vitesse compte autant que la force : 8 s de butée à butée pour le ST1000+, 4,5 s pour le ST2000+, 4,0 s pour le vérin de cockpit de l'EV-100. Quand une vague de l'arrière fait lofer le bateau, un pilote lent corrige en retard. La notice des ST pose ses conditions : gîte limitée, chariot de grand-voile descendu, ris pris tôt, pas de vent arrière pur par vent fort dans une grosse mer (idéalement 30° au moins), voire voile d'avant seule dans des conditions sévères. Après un changement d'allure brutal, le pilote peut mettre jusqu'à une minute à retrouver son cap : Raymarine demande de faire les grands changements de route à la main.

Bien choisi, un pilote de cockpit tient son cap sur un bateau bien réglé. Quand la mer se lève sur un bateau chargé, c'est la marge qui manque.

Grille de décision : déplacement en charge et programme

Partez du déplacement lège du chantier et ajoutez équipage, eau, gasoil, annexe, avitaillement et matériel, ou les 20 % des constructeurs de pilotes à défaut de pesée. Croisez avec votre programme le plus exigeant, pas le plus fréquent.

Déplacement en charge Barre franche, côtier de jour Barre à roue, côtier de jour Nuits en mer, mer formée, équipage réduit
Jusqu'à 3 000 kg ST1000+, ou ST2000+ pour la marge EV-100 barre à roue Pilote intégré conseillé
3 000 à 4 500 kg ST2000+ ; EV-100 près de 4 500 kg EV-100 barre à roue Pilote intégré conseillé
4 500 à 6 000 kg EV-100 barre franche EV-100 barre à roue Pilote intégré
6 000 à 7 500 kg Pilote intégré : aucun pilote de barre franche étudié ici ne dépasse 6 000 kg EV-100 barre à roue, pilote intégré à l'approche de 7 500 kg Pilote intégré
Plus de 7 500 kg Pilote intégré Pilote intégré Pilote intégré, avec marge

La règle B&G vaut pour toutes les marques. Entre deux tailles de pilote, prenez la plus grande : B&G prévient qu'un pilote sous-dimensionné risque de ne pas fonctionner correctement au moment où l'on en a le plus besoin.

Les pilotes intégrés pour 30 à 38 pieds

Un pilote intégré sépare capteur de cap, calcul, puissance et actionneur. Fixé sous le pont sur la structure, l'actionneur pousse un bras de mèche ou le secteur : ce n'est pas un pilote de roue, il ne touche ni la roue ni la barre franche. Raymarine exige une direction réversible depuis le safran ; Garmin impose des butées physiques, le vérin ne devant jamais servir de butée.

Système Actionneur sous le pont Limite constructeur Poussée max., butée à butée À savoir
Raymarine EV-200 voilier (EV-1, ACU-200) Vérin linéaire mécanique Type 1, 12 V, course 300 mm 11 000 kg (10 000 kg dans la notice de 2016) 295 kg en crête ; 11 s (±35°, à vide) ACU-200 : 15 A en continu
B&G NAC-2 Vérin hydraulique autonome T0, 12 V, course 200 mm 9 000 kg ; NAC-2 conseillé jusqu'à 10 m (35 pieds) 350 kg ; 12 s NAC-2 : 8 A en continu, 12 A en crête
B&G NAC-3 Vérin hydraulique autonome T1, 12 V, course 250 mm 12 000 kg 700 kg ; 13 s NAC-3 : 30 A en continu, 50 A en crête (1 s)
B&G NAC-3 Unité de puissance directe DD15, bielle sur bras de mèche ou secteur Voiliers de 30 à 40 pieds Couple max. 150 kg·m (environ 1 470 N·m) Capteur d'angle de barre RF300 fourni
Garmin Reactor 40 voile SmartDrive, vérin linéaire mécanique brushless à ECU intégrée, course 300 mm 45 pieds et 15 000 kg 181, 272 ou 476 kg (réglage logiciel) ; 11 s 10 à 32 V ; 25 A en pointe ; IPX7

Ces chiffres sont des plafonds, pas des cibles : Garmin livre le SmartDrive réglé sur la force moyenne et demande de retenir le réglage le plus bas qui gouverne de façon fiable, pour ménager la direction. Entre ces systèmes, l'écosystème du bord tranche : voir notre guide B&G vs Raymarine.

Ce que coûte un pilote sous-dimensionné

Comparez deux trajectoires, pas deux prix d'achat. L'écart de budget entre pilote de cockpit et pilote intégré est important ; le pilote sous-dimensionné le rattrape par quatre chemins.

  • Le SAV. Les ST ne contiennent aucune pièce réparable par l'utilisateur : la réparation passe par un technicien agréé Raymarine. B&G conseille de surdimensionner le vérin pour réduire usure et consommation.
  • La barre à la main. Un pilote à sa limite décroche là où il devait servir : houle de l'arrière, vent fort, nuit, équipage fatigué.
  • Le double achat. Le scénario le plus cher : le pilote de cockpit acheté « pour voir », puis le pilote intégré qu'il fallait.
  • La revente. Un pilote utilisé hors de ses limites n'ajoute rien au bateau ; un pilote intégré dimensionné et documenté se défend à l'expertise.

L'excès inverse existe : un vérin linéaire mal installé peut endommager coque, structure ou direction, rappelle Raymarine. Bien dimensionner, c'est adapter l'actionneur au bateau et à sa direction, pas acheter le plus gros.

Limites et pièges

  • Une poussée maximale est un pic. Raymarine parle de poussée de crête, Garmin qualifie d'intermittents les 476 kg du SmartDrive. Et quand deux documents divergent, comme les 11 000 et 10 000 kg du Type 1, dimensionnez sur le plus prudent.
  • L'alimentation. Sous 10 V ou au démarrage du moteur, un ST peut se réinitialiser et changer de mode : Raymarine conseille une batterie distincte de celle du démarreur. Le SmartDrive se raccorde de préférence en direct à la batterie, avec son fusible de 30 A.
  • L'eau et la géométrie. Le SmartDrive s'installe sous le pont, hors de toute zone inondable ou lavée à grande eau, sans dépasser 5° d'inclinaison en fin de course. Garmin recommande fortement une pose professionnelle.
  • L'entretien. Le mécanisme des ST est scellé et lubrifié à vie. Le SmartDrive se graisse au moins une fois par saison, et sa vis exclusivement à l'AeroShell 64 : une autre graisse peut durcir et gripper l'actionneur.
  • Le débrayage d'urgence. Un tiller pilot se libère en sortant sa tige de l'axe de barre. Sur le SmartDrive, retirez la goupille à étiquette rouge côté bras de mèche, jamais l'axe de la base.

Verdict atelier

  • Barre franche, jusqu'à 4 500 kg en charge, côtier de jour : ST2000+. Le ST1000+ seulement sous 3 000 kg, en navigation abritée.
  • Barre franche, 4 500 à 6 000 kg, croisière côtière : EV-100 barre franche. Si le programme glisse vers les nuits en mer, passez directement au pilote intégré.
  • Barre à roue jusqu'à 7 500 kg, croisière côtière : EV-100 barre à roue, nettement sous la limite. À l'approche des 7 500 kg, règle B&G : taille au-dessus, donc vérin sous le pont.
  • Nuits en mer, solitaire ou équipage réduit : pilote intégré, quel que soit le déplacement. Jusqu'à 35 pieds et 9 000 kg, NAC-2 et T0 ; jusqu'à 10 000 kg, EV-200 et Type 1 ; au-delà ou pour la marge, NAC-3 avec T1 ou DD15, ou Reactor 40 avec SmartDrive. La marque suit votre traceur.
  • Pour qui le pilote de cockpit n'est pas fait : le bateau de voyage chargé, le solitaire au large, le programme où le pilote barre plus que l'équipage. Raymarine exclut le large pour ses ST ; nous étendons la règle à tous les pilotes de cockpit.

Un vérin sous le pont se fixe sur une structure capable d'encaisser sa poussée ; Raymarine et Garmin recommandent un installateur. C'est le métier de notre atelier : audit, pose, mise en service.

Sources

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FAQ

Un ST2000+ suffit-il pour un voilier de 30 pieds ?

Seulement si le déplacement en charge reste sous 4 500 kg, la limite publiée par Raymarine, et pour un programme côtier : Raymarine ne destine pas le ST2000+ aux traversées au large. Estimez le bateau chargé, souvent 20 % au-dessus du déplacement annoncé. Au-delà, l'EV-100 barre franche monte à 6 000 kg.

Quelle différence entre un ST2000+ et un EV-100 barre franche ?

Le ST2000+ est autonome : compas, électronique et vérin dans un seul boîtier, pour 4 500 kg maximum. L'EV-100 sépare le capteur-calculateur EV-1, le boîtier de puissance ACU-100 et le vérin de cockpit, se raccorde en SeaTalkng/NMEA 2000 et accepte jusqu'à 6 000 kg. Dans les deux cas, l'actionneur reste dans le cockpit.

À partir de quel déplacement faut-il un pilote sous le pont ?

Au-delà de 6 000 kg en charge en barre franche et de 7 500 kg en barre à roue, aucun des pilotes de cockpit étudiés ici n'est prévu par son constructeur. Près de ces limites, B&G conseille de prendre la taille au-dessus. Et dès que le programme comprend des nuits en mer, de la mer formée ou un équipage réduit, nous conseillons le pilote intégré quel que soit le déplacement.

Un vérin linéaire peut-il remplacer un pilote de roue ?

Il remplace la fonction, pas le montage : un vérin linéaire se fixe sous le pont et pousse un bras de mèche ou le secteur de barre, jamais la roue. Il faut une direction réversible depuis le safran, un ancrage structurel capable d'encaisser la poussée et des butées physiques. Raymarine et Garmin recommandent une pose par un installateur.

Le Garmin SmartDrive convient-il à un voilier de 35 pieds ?

Garmin l'annonce pour les voiliers et catamarans jusqu'à 45 pieds et 15 000 kg, avec une poussée maximale réglable par logiciel à 181, 272 ou 476 kg. Il s'installe sous le pont sur un bras de mèche ou un secteur, dans un emplacement à l'abri de l'eau. Garmin recommande fortement une pose professionnelle et le réglage de force le plus bas qui gouverne de façon fiable.

Pourquoi mon pilote de barre franche décroche-t-il au portant dans la houle ?

Au portant dans la houle, le bateau part au lof à chaque vague et le pilote doit corriger vite et fort. La notice des ST conseille de limiter la gîte, de réduire tôt et d'éviter le vent arrière pur par vent fort dans une grosse mer. Si le problème persiste sur un bateau bien réglé, le pilote est trop juste pour le déplacement ou pour le programme.